2009

1000 producteurs bio, encore des efforts

Discours de la FRAB (par le Vice-Président de la Fédération Régionale Bio de Bretagne - Pascal VALLEE) au SPACE, le 17 septembre 2009.



” Plus de 1000 producteurs bretons ont désormais fait le choix de la bio… Si nous nous réjouissons de chaque conversion à la bio pour les bienfaits qu’elle aura sur son territoire, nous constatons néanmoins le long chemin qu’il reste à parcourir pour atteindre les objectifs du Grenelle de l’Environnement de 6 % des surfaces en 2013, soit pour la Bretagne un triplement des surfaces, et de 20 % de l’approvisionnement en bio en restauration collective dés 2012 !

Aujourd’hui, de nombreux éléments sont réunis pour que le développement de la bio poursuive son ascendance. En premier lieu, nous nous réjouissons que les pouvoirs publics et la profession agricole nous aient rejoint sur l’intérêt et les enjeux du développement de la bio en France et plus particulièrement en Bretagne. Nous précisons à ce titre que notre réseau n’est pas pour rien dans cette reconnaissance et dans les politiques de soutien qui se sont mises en place. Depuis plus de 20 ans, le réseau FNAB, représenté en Bretagne par les GAB et la FRAB, travaille tous les jours pour une plus grande reconnaissance de la bio auprès des agriculteurs, des élus, des politiques, et du grand public. Grâce à cela, les agriculteurs bio bénéficient aujourd’hui de soutiens financiers (crédit d’impôts, MAB) et tous ceux qui veulent rejoindre notre mode de production peuvent bénéficier d’aides à la conversion.

Néanmoins pour nous, agriculteurs bio, l’intérêt de la bio n’est pas uniquement de répondre aux attentes du marché. Si le marché est porteur actuellement et que la consommation croît de manière très importante, rien n’est acquis dans le temps, l’expérience nous l’a prouvé. Pour nous, l’agriculture biologique constitue un autre projet d’agriculture, une réelle alternative de développement, une réponse à l’impasse dans laquelle se retrouve notre agriculture aujourd’hui sur les questions d’environnement, de revenus des agriculteurs, du nombre d’agriculteurs sur le territoire, de relocalisation de l’économie.

Pour nous, qui pratiquons l’agriculture bio au quotidien la bio rime avec autonomie, cohérence et équilibre de système. Si on ne veut pas retomber dans les travers de l’agriculture conventionnelle, nous sommes persuadés qu’il faut cultiver cette autonomie et accompagner tous les candidats dans cette réflexion, pour que leur choix, leur remise en question de système et de pratiques soient durables.

En 20 ans de travail avec les producteurs bio de la région, notre réseau a développé des capacités d’accompagnement et des compétences techniques spécifiques, que les pouvoirs publics et les collectivités locales reconnaissent et soutiennent aujourd’hui. Ces 10 dernières années, ce ne sont pas moins de 1500 visites d’information, près de 1000 projets conversion et installation, 875 formations/journées de démonstration en transfert de pratique vers des conventionnels qui ont été accompagnés par nos équipes. Aujourd’hui nos équipes sont composées de 11 techniciens spécialisés en production animales et végétales bio, et 7 animateurs filières et restauration collective. Il ne faut pas oublier que la majeure partie des agriculteurs bio actuels sommes d’anciens agriculteurs conventionnels ! Aussi nous connaissons bien les préoccupations, les difficultés ou les questionnements des producteurs aujourd’hui en réflexion. Par ailleurs, plus que des solutions techniques, c’est une mise en réseau et un échange de savoir faire entre paysans que nous proposons. Ces échanges sont une clé indispensable à la réussite des projets et des conversions.

Le réseau GAB-FRAB ne va donc pas s’arrêter à ce cap des 1000 producteurs ! Plus que jamais, et dans un climat enfin plus favorable, nous allons continuer à promouvoir la bio et à accompagner tous les agriculteurs et porteurs de projets à l’installation. C’est dans ce but que nous venons de lancer notre campagne Allo La bio, un numéro de téléphone pour toute question sur la bio, et nous vous rappelons également que nous organisons, à Guichen en Ille et Vilaine, les 9, 10 et 11 octobre, le salon professionnel La Terre est notre métier auquel nous vous invitons à participer nombreux ! ”

2008

Point de vue reccueilli par le magazine TERRA

A l'occasion du Space 2007, le magazine agricole Breton Terra (Terragricoles de Bretagne) a consacré le dossier hebdomadaire de son numéro du 14 septembre au thème “Bretagne, Europe, et agriculture”. Ce numéro de Terra a été diffusé dès le jeudi 13 septembre sur le Space, et le lendemain à tous les abonnés des quatre départements bretons.

Le choix de ces thèmes était bien sûr lié à l'actualité Bretonne du moment, notamment celle du contentieux bassins versants, mais aussi aux nouvelles réalités du marché des matières premières agricoles et des biocarburants. Sans oublier quelques échéances, la présidence française de l'UE en 2008, la révision de la PAC ou encore les négociations à l'OMC, qui sont autant d'éléments susceptibles de modifier le paysage agricole Européen…et Breton.

A l'occasion de ce numéro, La rédaction de Terra a souhaité ouvrir ses colonnes aux points de vue de quelques grands acteurs du monde agricole, agroalimentaire mais aussi politique de l'Ouest, auxquels il ont proposé de répondre à la même série de 4 questions.

Les différentes personnalités sollicitées :

.Jean-Yves Le Drian, président du Conseil régional de Bretagne,

.Alain Even, président du conseil économique et social de Bretagne,

.Jacques Jaouen, président de la chambre d'agriculture de Bretagne

.Jean-Michel Lemetayer, président de la FNSEA et du Copa,

.Jean-Marie Gabillaud, président de Coop de France Ouest

->.Paul Hascoet, président de la Fédération Bretonne de l'agriculture biologique (FRAB) <-

.Michel Houdebine, président de Valorial

.Catherine Laroche, économiste à l'agrocampus de Rennes, Inra

.François Goulard, député UMP du Morbihan, et membre de la commission des affaires économiques, de l'environnement et du territoire de l'Assemblée Nationale

.Jean Gaubert, député PS des Cotes d'Armor, et membre de la commission des affaires économiques, de l'environnement et du territoire de l'Assemblée Nationale

La vision Bio

Questions TERRA Réponses des bio de Bretagne
par la voix de leur Président
Paul HASCÖET
1. La Pac évoluera. Quelles priorités fixez-vous à cette évolution pour que la Bretagne préserve son potentiel agricole et agroalimentaire? Le potentiel agricole d’une région dépend d’abord de ses sols. Ainsi, l’avenir de l’agriculture bretonne est conditionné à des pratiques maintenant la fertilité des sols : rotation des cultures, surfaces en prairie, équilibre entre productions animale et végétale notamment. L’Europe doit encourager de telles pratiques, reconnaître et soutenir les paysans qui les appliquent.
Avec ou sans la PAC, la Bretagne ne pourra de toutes façons pas maintenir une telle concentration animale. Mais une agriculture plus autonome lui permettra de maintenir la valeur ajoutée.
2. Sur fond de consultation élargie dans le cadre du Grenelle de l'environnement, l'application de la réglementation environnementale se fait elle-même de plus en plus rigoureuse, plaçant la Bretagne dans une situation très délicate, comme on peut l'observer dans plusieurs bassins versants. La spécificité productions animales de l'Ouest n'est-elle pas remise en question? La directive Nitrate a trente ans, le contexte n’est donc pas nouveau ! Une situation d’excédent structurel n’est pas tenable, il faudra nécessairement retrouver un équilibre entre productions animales et végétales.
Néanmoins la Bretagne conserve un bon potentiel pour l’élevage, mais les modes de production doivent changer. Soyons clair : il est tout à fait possible de respecter des plafonds de 160 ou 140 UN/ha. Les agriculteurs bio, notamment, en font la démonstration, en alliant productivité, qualité des produits, environnement et efficacité économique.
3. Les productions agricoles non alimentaires sont régulièrement avancées comme autant de solutions d'avenir. La Bretagne peut-elle être concernée? L’agriculture doit conserver sa vocation alimentaire. A petite échelle toutefois, les cultures non alimentaires sont envisageables, notamment pour rechercher l’autonomie énergétique sur la ferme.
Plutôt qu’un développement massif des agro-carburants, mieux vaut miser sur des économies d’énergie à la production (chauffage, traction, engrais, …) : la contribution de l’agriculture au réchauffement climatique sera diminuée d’autant, et les agriculteurs y gagneront en réduisant leurs charges. Là encore, des solutions existent, puisque par exemple l’agriculture bio consomme en moyenne 30% d’énergie en moins à production équivalente.
4. Les prix des matières premières d'origine agricoles semblent s'orienter durablement à la hausse, laissant penser que les arbitrages internationaux visant à réguler les marchés et à limiter les effets de distorsions de concurrence n'auraient plus un caractère prioritaire. Faut-il penser qu'il n'y a plus besoin d'accord à l'OMC sur les questions agricoles? 900 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde. Autant souffrent de surpoids. La hausse des cours ne va pas forcément changer la donne. La question qui se pose est celle de la répartition des biens alimentaires, de la qualité de l’alimentation, et de la capacité des peuples à se nourrir correctement.
L’OMC a un rôle important à jouer à ce niveau-là, pour préserver des agricultures locales respectueuses de l’environnement de la spéculation mondiale.
 
public/agrobio35/position_frab.txt · Dernière modification: 2009/09/17 23:53 par yann.jaffre
 
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